هزن مقدودة מֵאִיר עֵינַיִם

Publié le par Lafer Boualem

Magdouda est triste  

 

Les medias nous informent que les Suisses sont malades en ces veilles de fêtes christiques et Magdouda est triste, qu'Allah dans sa grande miséricorde leur accorde des hauteurs, aussi hautes que les Alpes, parce-qu'un minaret n'est qu'une infime érection. Un Manar, une lumière. Celui d 'Alexandrie...Un phare qui peut sauver le marin des écueuils de la vie.

Sur les deux bords du lac, j'ai caressé la cheveulure des vagues et j'ai béni les rencontres humaines faites de clins d'oeil le soir venu.

Imam en ma mosquée, je chante omar Khayam et partage les chemins de Khalil Djibran quand le poète réflechissait avec ses pieds parce qu'il promenait ses pensées en des chemins tortueux à l'ombre des cêdres.

Il est vrai que les cloches en certaines vallées tintent, un bruit cristalin, comme les ruisseaux de Prelaz s'aventurant vers le lac le printemps venu.

Magdouda est triste parce que le quartz a remplacer le coucou. Elle n'est pas Suisse parce-qu'elle ne sait quelle colère protestant(e) s'est enfermée dans ses temples, certes discrets puisque dépourvu de toute ostentation en erection.

Merde!

Qui peut interdire à Magdouda de construire un minaret-fusée, de ceux qui ne s'envoleront jamais comme disait Kateb Yacine, en nos années algéroises dans les arrières ruelles des rues animées d'espoirs. C'était un beau théatre, Brigitte et Belkacem rayonnaient, Momo dans son serrouel imprimait une presence casbah. La bière avait enlevée son hidjab doré. La geste de l'artiste déclamait les vers de Jean Senac quand il disait à Leïla D. Tu es plus belle qu'un Comité de gestion et envoyer un message dans l'au-delà. Ce n'est qu'un cri lancé dans un vide sidérale qui ne porte pas plus loin qu'une portée de voix inscrite dans un code d'urbanisme et/ou un code civil.

Peut-être faudrait-il inverser le cosmos? Et si les minarets étaient creusés en nos mêmoires?


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