La douche de l'assiette
" Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer. " donc, moi je l'oublie souvent dans sa crasse graisseuse, faite de restes " hallal " jusqu'à la prière du vendredi. Dans le bourg, je suis le seul à revendiquer un hammam et je me demande si le chrétien fait ses abblutions avant la messe du dimanche, généralement, je le vois prendre son " petit blanc " au bar de derrière l'église. Après son quinté spot qu'il paie avec dévotion à la caissière, une quelconque Marie, quelques pas et il se retrouve devant son Dieu, une entité démultipliée sous la forme d'une copie en plâtre sous une dorure qualifiée d' aurifère.
Mon assiette, chaque vendredi matin, je l'emmène au " hammam " qui n'est pas trés loin de l'évier, un " hammam " mixte qui ne tient aucun compte du masculin et du feminin, n'en déplaise aux rigoristes de cette province asiate du Hedjaz.. Je mélange assiettes, fourchettes et couteaux sans prendre en compte la circonsision. Cette circonsision qui ne te permet plus d'engranger les souvenirs de femmes lascives dans les vapeurs du bain.
Mon " hammam " à moi s'érige chaque vendredi matin sous la forme d'une cocotte-minute dans laquelle je mélange les genres, le " hammam " siffle, j'éteinds le feu et les laissent se reposer avant de leur offrir sous la cascade du robinet d'eau froide une " techlilla ", un rinçage.
Voilà, il ne me reste plus qu'a communier avec un couscous chauve, sans qu'aucune sauce qui ne vienne maculer de sa couleur tomateuse et hivernale le grain. Une grappe de raisin, une tranche de pastèque, un verre de lbenn, tout les fruits sont compatibles avec " l'Arabe ".
Ma révolution à toi, c'est moi