Les youyous de Blida

Publié le par Lafer Boualem

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Faites des youyous, ô hétaïres de Blida,

El Magdoud est de retour

 

 

 

 

Au pied de l'Atlas Tellien coulait le fleuve asséché Sid el Kebbir, sur sa rive gauche, il charriait des semblants de favelas accessibles à partir du pont qui l'enjambe et qui mène vers l'ancienne minoterie Ricci. Au delà, le mulet vous portait sur le territoire des Beni Sallah jusqu'au mausolée de l'ancêtre gisant dans sa koubba à l'ombre du chêne séculaire. Les giries n'avaient point cours.

 

Les ruisseaux, retenus un moment dans leur course par une magramane, cette plante berbère qui ralentissait leur servitude conçue par et pour le roumi, sous une forme de fouarates,des jets d'eau et leurs grandes vasques qui laissaient retomber leur hydrovoile dans des bassins à Bab Errahba pour finir en canal aérien agrémentant le boulevard des orangers de sa fraîcheur jusqu'à Bab Essebte, la passeggiatades fins d' après-midi.

 

C'était au temps où les gaulois d'un jour voulaient recoiffer Magdouda d'un voile dit moderne et vendre aux Nouvelles Galeries, un souak de sortie de hammam, aux couleurs plus subtiles que les racines de noyers sous la forme d'un bâtonnet à dévisser pour que le sourire fut conforme aux barrages militaires. Ils étaient nombreux en ces douirrettes aux ruelles souriantes d'une méconnaissance exogène.

 

La voilette mettait le regard en valeur et les yeux parlait un langage fait d'un morse de clins d'oeil shehrazadiens. Mille et une nuit de rêves aux baklawas fourrées, aux douceurs sublimées avec un petit clitoris, une amande au centre de chaque losange du gâteau qui imprimait la caresse d'un Allah venu des fins fonds d'un désert mémoriel.

 

Lentement tout commença à s'attrister alentour et le sourire de Magdouda se diluait en une grimace déçue devant tant de sourates inconnues. De nouveaux couvre-chefs au logo incertain ornementaient de vieil antiphonos, des antiennes archaïques sous une forme de prêche et les cervelles titubèrent au sortant des nouvelles tavernes augazouzpétillant. Ce n'était qu'un ensemble de Vendredis offrant des postérieurs au dieu soleil, ignorant Allah.

 

Se prosterner ne pouvait être qu'abjurer le Très Haut en lui offrant son derrière, sondant des hauteurs géothermiques tout en humant les senteurs méphitiques d'un pet couscoussant des «au nom de dieu».

 

Une mer de postérieurs ondulante en des croyances dans un et vient lubrique. Le poète de l'époque de la djahilïa, cette période ante islamique qui égrenait son koboloï,ce chapelet qui se rapetissait pour ne devenir qu'un passatempochantait la réalité du lagmi, ce jus de palmier fermenté qui permettait aux tourterelles de planer au dessus du croire.

 

Magdouda était belle et dans la mémoire d'El Magdoud, au delà d'une biométrie, désormais scripte pour fichiers, voyeurs des certitudes humaines, elle rigole des clandestinités imposées. La burqua n'avait jamais effacé le sourire de la rencontre, la nuit tous les chats sont gris alors que le roumi a peur du chat noir qui passe sous une échelle.

 

 

 

 

 

 

 

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