Magdouda ou la ruelle de la mémoire
Pour la petite histoire, de celle qui ne grandira jamais dans la mémoire, il y eut dans je ne sais plus quel desert, aux confins des regards, une lecture. Elle était douce et se foulardait la tête par vent de sable. Le khol cernait de son outre-mer son regard innocent., non par coquetterie mais pour la préserver des purulences humaines.
Elle s'appelait Magdouda, la parfaite au sens plastique de celui qui sait caresser la glaise. Toute jeune et non encore modelée, le sculpteur lui offrit sa première "sourate de l'ouverture". Une douloureuse leçon d'attouchements dans la promiscuité du gourbi.
L'aiguade est affaire de filles avec toutes ses conséquences. La futaine mouillée qui met en valeur la poirtine naissante, quand par grappe, elles revenaient de la source, papillonacées juvenéniles en équilibre sur devenir incertain.
Oeil torve et sentances archaïques, archéologiquement non prouvées, à l'ombre de l'olivier, un dôme aux couleurs ceruléennes abrite le voyeur, son biblion dans une main, il égrenne des "au nom d'un quelconque Priape" paîen apprivoisé par des textes sacralisés.
Magdouda truande les ruelles de sa casba en des souvenirs à construire. L'ombre de la palmeraie a retrécie son espace, elle fuit vers d'autres horizons plus crédules en des incroyances affirmées. Des grilles de lectures exogènes ponctuent les nouvelles caresses en des verticalités urbanistiquement correctes. Elle se voila et son regard s'attrista.
Le printemps venu, elle découvrit ses lèvres pour crier ses sourrires en forme de croissant épanouie sur misère ancestrale tel un edelweiss en ses hauteurs agonisantes.
"ji si pa" disait celui qui savait.