Pepik ou la lamentation sémite

Publié le par Lafer Boualem


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Pepik, de son vrai nom Ibn-aïssa, le fils de Jesus, dit joseph et tout simplement Youcef selon des vergetures linguistiques nées d'un chemin aussi tortueux que la mémoire humaine.

Une vieille hospoda praguoise, de celle qui perdure, vue la beauté de la mousse débordante en un sourire artistiquement durable. L'échanson gravait sur la soucoupe des traits, les chopes de bière faisaient des aller-retours, dans le sens immuable plein-vide, du moins vu du comptoir.

Et le temps dans sa paresse s'en fût.

Jerushalaïm chel zahaf, en ce matin là attendait la visite de Pepik. Ruelles odorantes de mille et un conflits parfumées de regards suspicieux, Ibn-Aïssa marchait tout en se remémorant des bribes de sourates, apprises sous le beau gourbi d'une enfance aux relents révolutionnaires. Il n'avait ni kippa ni chéchia.

Aux abords de l'esplanade, un gardien du dogme, et Pepik ne se rappelait que des morceaux de phrases édictées des siècles plus tôt. Un vulgaire figuier ainsi qu'un olivier sur le mont Sinaï... Et Pepik, le fils de Jesus n'avait jamais eut l'occasion de témoigner qu'il n'y a de Dieu que Dieu et que Mohamed est son prophète.

Alors, Youcef se rappela la colère des ancêtres et descendit en rappel le mur. Faute de couvre chef, de sa main gauche, il se couvrit la tête et de la droite il introduisit dans les fentes du mur uno lamento tout en récitant une besmallah dans le dialecte de Douirete, un quartier populaire de Blida.algerie.

Telle une fin de prière musulmane, Pepik salua les deux rabbins qui l'encadraient. À celui de gauche, un shalom aleikhem et à celui de droite un salam aleîkoum.

Ismael et Gabriel, anges tout à leur euphorie s'envolèrent vers U Fleku, la plus vieille taverne de Prague.c'est bien là qu'ils faisaient frire des tranches de pain rassis dans du saindoux. D'aucun n'était croyant et la bière de Pelsen dégageait de l'oesophage toute les anciennes croyances qui s'accrochaient en amibes médiévales dans une musicalité indiscréte pour celui qui désirait l'oubli d'un inchallah ponctuant la vulgarité d'un texte se mouvant en onctuosité mounafika, hypocrite dans une geste ritualisée que les anciens grecs avaient déjà éprouvée. qu'importe la colère? j'e m'éloigne de mes pensées...

 

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