Magdouda et l'imam
ce matin là, Magdouda se reveilla à l'aube. le printemps començait à jouir de la lumière que Dieu imposa aux fidèles. Magdouda se frotta son arriere train, son doigt s'enfonça un peu plus profondèment.
l'Immam sourit. Avant les abblutions matinales, il rèpertoriat les anciennes chansons. Le muezzin aveugle, plasmodiait d''anciennes antiennes et moi, orphelin de vos souvenirs, j'ouvre mes bras-envie . Caresses ancestrales de rencontres-orphelines.
Magdouda s'accroupit sur la future ésplanade. Les militaires ont dèjà décidé du devenir. Magdouda s'èpancha.
Le ruisseeau s'èlargit vers la rencontre.
L'Imam, les pieds dans les vagues mourantes répétait les sourates prochaines. Dieu. Magdouda decapsula une bouteille de bière et rendit grâce au nouveau President.
L'Imam récupéra son biblion, cracha par terre, se gratta l'entre-cuisses et dans un grand soupir expectora un grand Hamdou-li-lah.
L'imam, tenant son biblion d'une main tremblante cherchait la caverne, plasmodiant, il n'y a que les ténèbres de l'inconnu que Dieu n'a visité, lui sourit. Magdouda se détendit.
Magdouda.
L'Imam, de par sa beauté a perdu son coran. Il prit une tablette de bois, l'encrassa d'argile avec des carresses gibrilliennes avant d'écrire un poème.
mine abba hallaha...
mouslimine gassa biha oua laha.
C'était il y a longtemps en palestine, au temps du shalom, salam.
Lo Ani lo medaber evrit. Ani...
Rabbi Shmuel et Hadj Smail se donnerent rendez-vous dans une ruelle de jerushlalaïm, Mc Donald venait d'ouvrir une terrasse. Le ketchup était gratuit.
Magdouda éclata de rire en voyant l’imam relever sa robe d’une blancheur immaculée et s’épancher à la porte de sa mosquée. Il secoua son sexe encore endormi pour les dernières gouttes. Tournant la tête une fois à gauche et une fois à droite pour saluer Gabriel et Ismaël, les deux anges qui accompagnent tout bon croyant, il relâcha sa ‘abbaya qui recouvrit la blancheur de la maigritude de ses jambes.
La mosquée, un vulgaire gourbi au toit de chaume, situé au bout du douar accueillait les quelques croyants qui ont tourné le dos à Διονησοσ (Dyonisos), protecteur de la ferme Sainte Louise au cœur de la Mitidja avec ses deux mille hectares de vignoble. C’était bien avant que le dimanche ne devienne vendredi.
L’imam, entendant le rire aigu, reconnu la seule hadjala du douar. Il est vrai que Magdouda arriva un jour, juste après les moissons pour glaner ce que la « djoundir », la nouvelle moissonneuse-batteuse américaine délaissait dans sa nouvelle errance nord-africaine. Magdouda, seule avec ses deux enfants en bas âge quémanda au gérant du domaine une possibilité de gourbitude qui lui fut accordée. L’imam laissa tomber sa robe, se retourna pour maudire cette femme sans protecteur.
Magdouda, tout à son rire, tourna le dos à l’imam, se pencha en avant et releva ses multiples jupes. Deux belles tranches de pastèques s’offrir aux yeux de l’imam. L’imam son βιβλιον, coran miniature à la main, expectora un allahou akbar, Dieu est le plus grand.
Magdouda se sentit déçue. Elle s’était réveillée avant la prière de l’aube pour purifier l’espace de son futur mausolée en l’arrosant de sa première urine.
De retour à son gourbi, Magdouda, d’un coup de pied réveilla Taybouni, né d’une rencontre un jour de vendanges. Les méchants l’appelaient ouild ettara, le fils du cep. Taybouni attrapa son brague l’enfila et sortit dans la cour pour se jeter quelques poignées d’eau sur la figure. Le café au poivre l’attendait. Taybouni saupoudra son fendjel, d’une pincée de sel, le sucre étant beaucoup plus cher, comme le lui a apprit Tante Abillou, une voisine de gourbitude.
Magdouda, tout à son mausolée, elle qui survécue à la nighma, trésor, butin de guerre que l’islam dans sa mansuétude accorda à ses conquérants venus de l’Est. Il est vrai que Magdouda rêvait de liberté et sa fuite vers le nord se révéla payante.
Donc…
Taybouni, une fois son café au poivre absorbé se caressa les couilles. Il lui fallait se rendre à la mosquée pour réciter les premières sourates. Au nom de Dieu qui a crée l’être humain d’une sangsue…Des sangsues, il y en avait beaucoup dans l’auge des chevaux. Ce jour là, à la ferme, était jour de remonte devant l’écurie et l’imam décida d’en faire une leçon d’éducation sexuelle.
L’imam, de son œil valide, tel le Mollah Omar avant l’acquisition de sa première Kalachnikov, récupéra sa branche souple d’olivier. Il ordonna à son troupeau de marcher devant lui. Les enfants plasmodiant un la illah illa lah, arrivèrent devant l’écurie. Mimo-Tabakharou, promu gardien d’écurie sortit la jument la tenant par la longe d’une main, dans l’autre il tenait une φαλανγα, une falaga version algérianisée, simple anse de cuir sur un bâton de bois que l’imam utilisait pour serrer les deux pieds au niveau des chevilles en exerçant une torsion de droite à gauche selon les préceptes sacrés du Livre. Tenue par un étudiant plus versé dans le Texte, l’imam s’y donnait à cœur-joie sur la plante des pieds avec sa branche souple d’olivier.
Mimo-Tabakharou utilisait sa falaga sur la lèvre supérieure de la jument. L’étalon arrivait, tenu par El-Attafi, celui qui vient du croisement des chemins, où pour être plus prêt du langage vernaculaire, une patte d’oie comme dirait un Adjudant. Un aide préposé au « relevage » de la queue de la jument la tire vers la gauche. Le colon agnostique, s’en foutait : Droite ou gauche, il voulait un poulain. Mais l’aide, élevé et éduqué dans les principes de l’E.S.E.H « Ecole Supérieure Equestre de Hamlili », où, il lui a toujours dit que notre Seigneur a maudit la gauche parce qu’elle ne sert qu’à laver les fesses et les couilles.
Arrivés dans la z’ribba, L’enclos où se devait se tenir le cours d’éducation sexuelle, l’imam mit en ligne ses étudiants par ordre de grandeur. L’aide, tirant de sa main droite la queue de la jument vers gauche, essayait de pointer le sexe en érection de l’énorme étalon de sa main gauche. Les jeunes « talibanes », quêteurs (de savoir) de vérité, orphelins de mixité et réalisateurs d’images pornographiques virtuelles érigèrent des guitounes sous leurs futaines maculées de rêves inassouvis. L’imam par orthodoxie choquée laissa tomber de manière brutale sa souple baguette d’olivier sur les mâts ainsi érigés. Ils s’effondrèrent. L’éducation sexuelle n’avait plus aucun intérêt pour les quêteurs de savoir. Plusieurs s’inscrivirent dans des stages en alternance pour devenir berger. Certains, sur une pente d’apostasie non dite quémandèrent un job d’été auprès des Mimi, Gimouni et autres cabrerra un poste de porcher.
Tayboubi fut le premier à avoir ce poste enviable. Le travail ne demandait pas une technicité particulière, il suffisait de préparer un mélange de son et d’eau et le verser dans l’auge. Mais depuis les cours d’éducation sexuelle sous l’égide de l’imam, Taybouni était fasciné par le derrière. La truie en avait un, rose et de plus, il n’y avait rien, ou très peu à tirer à droite ou à gauche. Tout cela trottait dans la tête de Taybouni. De peur d’être surpris, il étudia le problème. Grandit par les Textes dans sa tête, mais castré un peu plus bas dans son corps, il fit par cartésianisme un essai en caressant de son sexe en érection la vulve de la truie. Elle lui chia dessus.
Offusqué par l’incompréhension porcine, Taybouni tenant à deux mains sa robe blanche, certes un peu crade, couru vers l’abreuvoir à chevaux et y plongea comme si une guêpe l’avait piquée. Il rentra chez-lui, sa ‘abbaya lui collant à la peau, ses fesses juvéniles mises en valeur. Ce jour-là après le couscous vespéral et le quinquet éteint, Taybouni allongé sur son grabat, le corps en feu après la vue paradisiaque du cul rose de la truie se laissa aller vers ses rêves. Il se voyait martyr, chahid, mort en héros pour sa propre affirmation. L’imam l’air sévère gardait la porte du hammam fermée. Les soixante truies promises se délassaient toutes roses dans la chaleur vaporeuse du bain. Ne pouvant occlure ces fenêtres du paradis son sexe lui faisait mal. D’un coup de pied, comme à son habitude, Magdouda lui résolu son problème et Taybouni se réveilla.
Taybouni : Petit Tayeb : Petit Bon
Tayeb : impératif du verbe arabe cuire en langue algérienne vernaculaire.
D’où la misère enfantine de celui qui porte ce prénom : Taybouni, Taybouni, Koulouni, Koulouni ! Cuisez-moi, cuisez-moi, manger-moi, manger-moi.
Magdouda se devait de construire son mausolée. Une belle koubba où les générations à venir viendrait se prosterner. Au-delà de l’architecture, elles ne garderont que l’image de la femme libre, elle se voulait porte-parole de toutes les Hétaïres du pays. Elle porta son dévolu sur l’espace en devanture du gourbi-mosquée mais l’imam a souillé l’endroit.
-Ma pisse contre sa pisse se dit-elle, et Dieu reconnaîtra les siens.
Magdouda investit dans un tee-time. Investir est un gros-mot que je laisserai à la S-G. Magdouda la veuve, donc dispensée de foulard puisque hadjala, alla trouver Tante Abilou, dite la dodue, copine de Mignou, le Mignon. Ses moustaches en guidons de bicyclettes graissées à la baume hongroise ( Orlando de Rudder m’en a offert un tube pour un de mes anniversaires) faisait que : quand il traversait le douar, les rideaux se soulevaient. ‘ami Mignou ne sortait de chez-lui que le soir venu pour se rendre à la cave où il était gardien de nuit. Il avait tous les assoiffés de la ferme dans sa poche. Il l’avait large parce-qu’il portait un serrouel. Bag-Bag lui en était redevable. Bag-Bag, avant de vous raconter son histoire, il me faut un moment pleurer sur cette enfance qui fût. Un des plus beaux châteaux en forme de gourbi. Au dehors une barrière, faite de mauvais fils barbelés enfermait le vignoble. Sainte Louise.
Bag-Bag, le plus sage des fous de l’époque crût. Libre, il aborda la vie, une nuit et suivit son destin, un soldat lui tira dessus son chargeur plein. C’était un MAT 49. D’après ce que l’on disait, il aurait du s’enrayer ; mais Bag-Bag est mort sur le bord du fossé qui borde la route de Mercadal. Un chemin poussiéreux. Bag-Bag avait fait un tour par la cave après sa journée de travail et c’était les Evénements. Bag-Bag onomatopée d’un glouglou russe du temps des camarades quand ils achetaient une bouteille de vodka au sortir du travail et calculaient faute de mesure le « guel-guel » de la gorge pour « divisioner » l’ingestion de chacun. Bag-Bag ne demandait rien sinon sa bouteille de rouge que Mignou lui préparait avant le couvre-feu.
Bag-Bag demanda à voir Mignou à la mosquée. C’était les Eénements, comme le disait si bien Gimouni, amoureux de Abillou.
Si je vous dis Raphia, vous ne penseriez qu’à Abillou aux seins généreux et au derrière flétri de par ces journées d’indépendance. Marylène un tricycle que, dans sa bonté on pouvait utiliser en son absence, Claude et son soutien-gorge que l’on utilisait comme tire-boulette au collège mixte de Boufarik. La Méditerranée est belle et la Bretagne brumeuse.
Bag-Bag est mort un jour de vérité sur le bord d’une route, victime d’un regard métropolitain peureux. C’était le crépuscule. Mignou remplit deux Dame-jeanne et se faufila entre les sentinelles.
Magdouda, riche de tous ces souvenirs fit appel à Djelloul le blindé pour préparer le torchis. Misère pour misère, le riz était meilleur dans le campement militaire. Djelloul disait rauz avec un accent légionnaire…
Je suis saoul de vodka et de souvenirs.
Le poète bulgare a dit :
J’ai vu des héros et j’ai vu des bourreaux
Le poète grec a dit :
Ceux qui attendent sur les bancs de bois
C’est les pauvres
C’est les durs
Chacun de leur mot est un verre de vin
Un arbre enraciné dans le rocher
Une fenêtre ouverte sur l’aube…
Le poète arabe a dit :
O arabes, fils de pute
Vous avez vendu mon honneur
Dans toutes les capitales
De la patrie arabe
Mais moi je vous dénude
Et vous dit :
Une porcherie est plus pure
Que votre pureté
Et tant d’autres ont pleuré sur les gazelles qu’ils ne purent apprivoiser.
Je me rappelle un soir de dunes. Sable ondulant et les fesses de l’Amie frémissantes au rythme du Simoun. Le vent du sud. Méchant, ce soir-là il abrasa la rencontre.
l'Immam sourit. Avant les abblutions matinales, il rèpertoriat les anciennes chansons. Le muezzin aveugle, plasmodiait d''anciennes antiennes et moi, orphelin de vos souvenirs, j'ouvre mes bras-envie . Caresses ancestrales de rencontres-orphelines.
Magdouda s'accroupit sur la future ésplanade. Les militaires ont dèjà décidé du devenir. Magdouda s'èpancha.
Le ruisseeau s'èlargit vers la rencontre.
L'Imam, les pieds dans les vagues mourantes répétait les sourates prochaines. Dieu. Magdouda decapsula une bouteille de bière et rendit grâce au nouveau President.
L'Imam récupéra son biblion, cracha par terre, se gratta l'entre-cuisses et dans un grand soupir expectora un grand Hamdou-li-lah.
L'imam, tenant son biblion d'une main tremblante cherchait la caverne, plasmodiant, il n'y a que les ténèbres de l'inconnu que Dieu n'a visité, lui sourit. Magdouda se détendit.
Magdouda.
L'Imam, de par sa beauté a perdu son coran. Il prit une tablette de bois, l'encrassa d'argile avec des carresses gibrilliennes avant d'écrire un poème.
mine abba hallaha...
mouslimine gassa biha oua laha.
C'était il y a longtemps en palestine, au temps du shalom, salam.
Lo Ani lo medaber evrit. Ani...
Rabbi Shmuel et Hadj Smail se donnerent rendez-vous dans une ruelle de jerushlalaïm, Mc Donald venait d'ouvrir une terrasse. Le ketchup était gratuit.
Magdouda éclata de rire en voyant l’imam relever sa robe d’une blancheur immaculée et s’épancher à la porte de sa mosquée. Il secoua son sexe encore endormi pour les dernières gouttes. Tournant la tête une fois à gauche et une fois à droite pour saluer Gabriel et Ismaël, les deux anges qui accompagnent tout bon croyant, il relâcha sa ‘abbaya qui recouvrit la blancheur de la maigritude de ses jambes.
La mosquée, un vulgaire gourbi au toit de chaume, situé au bout du douar accueillait les quelques croyants qui ont tourné le dos à Διονησοσ (Dyonisos), protecteur de la ferme Sainte Louise au cœur de la Mitidja avec ses deux mille hectares de vignoble. C’était bien avant que le dimanche ne devienne vendredi.
L’imam, entendant le rire aigu, reconnu la seule hadjala du douar. Il est vrai que Magdouda arriva un jour, juste après les moissons pour glaner ce que la « djoundir », la nouvelle moissonneuse-batteuse américaine délaissait dans sa nouvelle errance nord-africaine. Magdouda, seule avec ses deux enfants en bas âge quémanda au gérant du domaine une possibilité de gourbitude qui lui fut accordée. L’imam laissa tomber sa robe, se retourna pour maudire cette femme sans protecteur.
Magdouda, tout à son rire, tourna le dos à l’imam, se pencha en avant et releva ses multiples jupes. Deux belles tranches de pastèques s’offrir aux yeux de l’imam. L’imam son βιβλιον, coran miniature à la main, expectora un allahou akbar, Dieu est le plus grand.
Magdouda se sentit déçue. Elle s’était réveillée avant la prière de l’aube pour purifier l’espace de son futur mausolée en l’arrosant de sa première urine.
De retour à son gourbi, Magdouda, d’un coup de pied réveilla Taybouni, né d’une rencontre un jour de vendanges. Les méchants l’appelaient ouild ettara, le fils du cep. Taybouni attrapa son brague l’enfila et sortit dans la cour pour se jeter quelques poignées d’eau sur la figure. Le café au poivre l’attendait. Taybouni saupoudra son fendjel, d’une pincée de sel, le sucre étant beaucoup plus cher, comme le lui a apprit Tante Abillou, une voisine de gourbitude.
Magdouda, tout à son mausolée, elle qui survécue à la nighma, trésor, butin de guerre que l’islam dans sa mansuétude accorda à ses conquérants venus de l’Est. Il est vrai que Magdouda rêvait de liberté et sa fuite vers le nord se révéla payante.
Donc…
Taybouni, une fois son café au poivre absorbé se caressa les couilles. Il lui fallait se rendre à la mosquée pour réciter les premières sourates. Au nom de Dieu qui a crée l’être humain d’une sangsue…Des sangsues, il y en avait beaucoup dans l’auge des chevaux. Ce jour là, à la ferme, était jour de remonte devant l’écurie et l’imam décida d’en faire une leçon d’éducation sexuelle.
L’imam, de son œil valide, tel le Mollah Omar avant l’acquisition de sa première Kalachnikov, récupéra sa branche souple d’olivier. Il ordonna à son troupeau de marcher devant lui. Les enfants plasmodiant un la illah illa lah, arrivèrent devant l’écurie. Mimo-Tabakharou, promu gardien d’écurie sortit la jument la tenant par la longe d’une main, dans l’autre il tenait une φαλανγα, une falaga version algérianisée, simple anse de cuir sur un bâton de bois que l’imam utilisait pour serrer les deux pieds au niveau des chevilles en exerçant une torsion de droite à gauche selon les préceptes sacrés du Livre. Tenue par un étudiant plus versé dans le Texte, l’imam s’y donnait à cœur-joie sur la plante des pieds avec sa branche souple d’olivier.
Mimo-Tabakharou utilisait sa falaga sur la lèvre supérieure de la jument. L’étalon arrivait, tenu par El-Attafi, celui qui vient du croisement des chemins, où pour être plus prêt du langage vernaculaire, une patte d’oie comme dirait un Adjudant. Un aide préposé au « relevage » de la queue de la jument la tire vers la gauche. Le colon agnostique, s’en foutait : Droite ou gauche, il voulait un poulain. Mais l’aide, élevé et éduqué dans les principes de l’E.S.E.H « Ecole Supérieure Equestre de Hamlili », où, il lui a toujours dit que notre Seigneur a maudit la gauche parce qu’elle ne sert qu’à laver les fesses et les couilles.
Arrivés dans la z’ribba, L’enclos où se devait se tenir le cours d’éducation sexuelle, l’imam mit en ligne ses étudiants par ordre de grandeur. L’aide, tirant de sa main droite la queue de la jument vers gauche, essayait de pointer le sexe en érection de l’énorme étalon de sa main gauche. Les jeunes « talibanes », quêteurs (de savoir) de vérité, orphelins de mixité et réalisateurs d’images pornographiques virtuelles érigèrent des guitounes sous leurs futaines maculées de rêves inassouvis. L’imam par orthodoxie choquée laissa tomber de manière brutale sa souple baguette d’olivier sur les mâts ainsi érigés. Ils s’effondrèrent. L’éducation sexuelle n’avait plus aucun intérêt pour les quêteurs de savoir. Plusieurs s’inscrivirent dans des stages en alternance pour devenir berger. Certains, sur une pente d’apostasie non dite quémandèrent un job d’été auprès des Mimi, Gimouni et autres cabrerra un poste de porcher.
Tayboubi fut le premier à avoir ce poste enviable. Le travail ne demandait pas une technicité particulière, il suffisait de préparer un mélange de son et d’eau et le verser dans l’auge. Mais depuis les cours d’éducation sexuelle sous l’égide de l’imam, Taybouni était fasciné par le derrière. La truie en avait un, rose et de plus, il n’y avait rien, ou très peu à tirer à droite ou à gauche. Tout cela trottait dans la tête de Taybouni. De peur d’être surpris, il étudia le problème. Grandit par les Textes dans sa tête, mais castré un peu plus bas dans son corps, il fit par cartésianisme un essai en caressant de son sexe en érection la vulve de la truie. Elle lui chia dessus.
Offusqué par l’incompréhension porcine, Taybouni tenant à deux mains sa robe blanche, certes un peu crade, couru vers l’abreuvoir à chevaux et y plongea comme si une guêpe l’avait piquée. Il rentra chez-lui, sa ‘abbaya lui collant à la peau, ses fesses juvéniles mises en valeur. Ce jour-là après le couscous vespéral et le quinquet éteint, Taybouni allongé sur son grabat, le corps en feu après la vue paradisiaque du cul rose de la truie se laissa aller vers ses rêves. Il se voyait martyr, chahid, mort en héros pour sa propre affirmation. L’imam l’air sévère gardait la porte du hammam fermée. Les soixante truies promises se délassaient toutes roses dans la chaleur vaporeuse du bain. Ne pouvant occlure ces fenêtres du paradis son sexe lui faisait mal. D’un coup de pied, comme à son habitude, Magdouda lui résolu son problème et Taybouni se réveilla.
Taybouni : Petit Tayeb : Petit Bon
Tayeb : impératif du verbe arabe cuire en langue algérienne vernaculaire.
D’où la misère enfantine de celui qui porte ce prénom : Taybouni, Taybouni, Koulouni, Koulouni ! Cuisez-moi, cuisez-moi, manger-moi, manger-moi.
Magdouda se devait de construire son mausolée. Une belle koubba où les générations à venir viendrait se prosterner. Au-delà de l’architecture, elles ne garderont que l’image de la femme libre, elle se voulait porte-parole de toutes les Hétaïres du pays. Elle porta son dévolu sur l’espace en devanture du gourbi-mosquée mais l’imam a souillé l’endroit.
-Ma pisse contre sa pisse se dit-elle, et Dieu reconnaîtra les siens.
Magdouda investit dans un tee-time. Investir est un gros-mot que je laisserai à la S-G. Magdouda la veuve, donc dispensée de foulard puisque hadjala, alla trouver Tante Abilou, dite la dodue, copine de Mignou, le Mignon. Ses moustaches en guidons de bicyclettes graissées à la baume hongroise ( Orlando de Rudder m’en a offert un tube pour un de mes anniversaires) faisait que : quand il traversait le douar, les rideaux se soulevaient. ‘ami Mignou ne sortait de chez-lui que le soir venu pour se rendre à la cave où il était gardien de nuit. Il avait tous les assoiffés de la ferme dans sa poche. Il l’avait large parce-qu’il portait un serrouel. Bag-Bag lui en était redevable. Bag-Bag, avant de vous raconter son histoire, il me faut un moment pleurer sur cette enfance qui fût. Un des plus beaux châteaux en forme de gourbi. Au dehors une barrière, faite de mauvais fils barbelés enfermait le vignoble. Sainte Louise.
Bag-Bag, le plus sage des fous de l’époque crût. Libre, il aborda la vie, une nuit et suivit son destin, un soldat lui tira dessus son chargeur plein. C’était un MAT 49. D’après ce que l’on disait, il aurait du s’enrayer ; mais Bag-Bag est mort sur le bord du fossé qui borde la route de Mercadal. Un chemin poussiéreux. Bag-Bag avait fait un tour par la cave après sa journée de travail et c’était les Evénements. Bag-Bag onomatopée d’un glouglou russe du temps des camarades quand ils achetaient une bouteille de vodka au sortir du travail et calculaient faute de mesure le « guel-guel » de la gorge pour « divisioner » l’ingestion de chacun. Bag-Bag ne demandait rien sinon sa bouteille de rouge que Mignou lui préparait avant le couvre-feu.
Bag-Bag demanda à voir Mignou à la mosquée. C’était les Eénements, comme le disait si bien Gimouni, amoureux de Abillou.
Si je vous dis Raphia, vous ne penseriez qu’à Abillou aux seins généreux et au derrière flétri de par ces journées d’indépendance. Marylène un tricycle que, dans sa bonté on pouvait utiliser en son absence, Claude et son soutien-gorge que l’on utilisait comme tire-boulette au collège mixte de Boufarik. La Méditerranée est belle et la Bretagne brumeuse.
Bag-Bag est mort un jour de vérité sur le bord d’une route, victime d’un regard métropolitain peureux. C’était le crépuscule. Mignou remplit deux Dame-jeanne et se faufila entre les sentinelles.
Magdouda, riche de tous ces souvenirs fit appel à Djelloul le blindé pour préparer le torchis. Misère pour misère, le riz était meilleur dans le campement militaire. Djelloul disait rauz avec un accent légionnaire…
Je suis saoul de vodka et de souvenirs.
Le poète bulgare a dit :
J’ai vu des héros et j’ai vu des bourreaux
Le poète grec a dit :
Ceux qui attendent sur les bancs de bois
C’est les pauvres
C’est les durs
Chacun de leur mot est un verre de vin
Un arbre enraciné dans le rocher
Une fenêtre ouverte sur l’aube…
Le poète arabe a dit :
O arabes, fils de pute
Vous avez vendu mon honneur
Dans toutes les capitales
De la patrie arabe
Mais moi je vous dénude
Et vous dit :
Une porcherie est plus pure
Que votre pureté
Et tant d’autres ont pleuré sur les gazelles qu’ils ne purent apprivoiser.
Je me rappelle un soir de dunes. Sable ondulant et les fesses de l’Amie frémissantes au rythme du Simoun. Le vent du sud. Méchant, ce soir-là il abrasa la rencontre.
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