L'inauguration de la mosquée(suite)
On pouvait voir des barbus tenant le bas de leur gandoura entre les dents comme des "footbaleurs" saoudiens coursant tout en maudissant cette jeunesse habillée à la dernière mode parisienne évoluant sur leurs patins en un west side story algérianisé.
L'imam du jour, un haut fonctionnaire du ministère du culte trônait au sommet du minbar. Pour l'occasion il avait troquer son costume occidental contre la tenue traditionnelle des éleveurs de dromadaires du sud, il portait le burnous rouge, hérité de son grand père ancien caîd, auquel bien sûr, il avait enlevé les décorations coloniales. Il harangait les fidèles en rangs sérrésd'une voix de castrat napolitain. Les mots volaient de sa bouche aux lèvres rougies par les brachtées d'artichaux qu'il aimait manger crues. Ses yeux, cernés de khol à l'exemple des compagnons du prophète, clignotaient aux flashs des reporters, reflettant une intense jouissance à la limite de l'épectase.
Une lumière divine, une lumière divine répétait-il en montrant d'un large geste les immenses lustres en Plexiglass multicolor qui pendaient aux dômes. Sid Ahmed Echikour dit le cid se tenait à un bout de la salle. Il regardait fixement le minbar en plastic moulé, d'un vert tirant vers le caca. Il était là, assis en tailleur à faire des "salam aleîkoum" à Gabriel et Ismaêl, quand une main se posa sur son épaule. Tout à ses salutations angéliques, il mit un moment à prendre conscience que c'est son voisin de derrière qui le demandait. Le cid se retourna et salua d'une manière terrestre Bouhouba-zine el Haddat. Pendant ce temps, l'imam contunuait au dessus la masse de chéchias. La sonorisation ultra moderne dont rêverait tout organisateur de concerts Raï, mal réglée, démultipliait les échos rythmés par des effets Larsen, produits par les retours incorporés au mihrab et les oscillations de la voix quand l'emphase du prêcheur atteignait l'haute-contre.
La voix crissait sous les voûtes de l'édifice. Elle s'amplifiait,se répandait à l'exterieur, dévalaient la colline, couvrait les allées du Jardin d'Essais en contre bas avant de se perdre sur la grève de la route Moutonnière où quelques sages se saoulaient au Zambretto, un mélange de coca et d'alcool à bruler tout en contemplant la mer et au delà Marseille.
Tchabtchaka Maricane, le regard perdu vers le lointain, suivait sans vraiment voir la découpe d'un bateau sur la ligne d'horison qui voguait vers l'Est. Assis sur un rocher, les pieds caressés par les vagues, la bouteille de Zambretto bien calée dans une infractuosité à portée de mains; Tchab, comme il aimait bien se faire appeler fredonait la chanson populaire de cette année là. "O Alger! Ta valeur est grande et reconnue, qu'ont-il fait de toi ce qui n'en ont aucune?"
Un long sifflement du haut parleur entre deux phrase du prêcheur, incompréhensibles à cette distance lui rappela l'image fugitive des copains d'enfance quand ils sifflaient avec deux doigt des vapeurs du Zambrettodans la bouche en guise d'appel. C'est alors qu'au travers du Zambretto, il se souvint du rendez-vous avec le Cid. Mais où? Mentalement, il fit le tour de tous les tripots et des terrains vagues où ils avaient l'habitude de passer leurs longues soirées à fumer de la "chira marocaine" et écouter du "chaabi". Deux long sifflements de l'effet Larsen encadrant un Allah sur le mode aigu et tout devint clair. L'inauguration de la nouvelle mosquée.
Le soleil brulait les rues grouillantes où proliférairaient les petits trafics. Tchabchaka Maricane, titubant, se frayait son chemin à travers la foule de gamins vendeurs de cigarettes à l'unité et des boites de tabac à chiquer que les débits de tabac leur refilaient pour un bénéfice plus substantiel. Des voitures calcinées, dégagées sur des trottoirs eux mêmes défoncés par d'éternels travaux devenaient étals pour de vieilles femmes exposant par petits tas des légumes pourrissants.
Arrivé à Belcourt, Tchab se dirrigea vers l'antique téléphérique et sans prendre la peine d'acheter un ticket, sachant que le contrôleur n'avait aucune envie de retrouver un matin sa tête accrochée sous la cabine. Malgré l'absence d'afluence à cette heure là, les quelques passagers par habitude sociale, se bousculèrent mutuellement pour monter dans la cabine.
Sans prendre le temps de faire ses abblutions, Tchabchaka Marikane se déchausa à l'entrée de la mosquée, il garda ses chaussures à la main de peur de finir sa jounée pieds-nus. Il scruta l'assemblée, découvrit le Cid et se dirigea vers lui. PUis, tel le curseur sur un écran d'ordinateur, il poussa toute la ligne de fidèles qui glissa d'une paire de fesses à droite et s'assit. Sid-Ahmed Echikour le regarda et montra sa montre puis sa bouche pour lui signifier son retard et son haleine parfumée à l'alcool à bruler.
- Tu aurais au moins pu te taper un oignons, lui chuchottat-.il
L'imam du jour, un haut fonctionnaire du ministère du culte trônait au sommet du minbar. Pour l'occasion il avait troquer son costume occidental contre la tenue traditionnelle des éleveurs de dromadaires du sud, il portait le burnous rouge, hérité de son grand père ancien caîd, auquel bien sûr, il avait enlevé les décorations coloniales. Il harangait les fidèles en rangs sérrésd'une voix de castrat napolitain. Les mots volaient de sa bouche aux lèvres rougies par les brachtées d'artichaux qu'il aimait manger crues. Ses yeux, cernés de khol à l'exemple des compagnons du prophète, clignotaient aux flashs des reporters, reflettant une intense jouissance à la limite de l'épectase.
Une lumière divine, une lumière divine répétait-il en montrant d'un large geste les immenses lustres en Plexiglass multicolor qui pendaient aux dômes. Sid Ahmed Echikour dit le cid se tenait à un bout de la salle. Il regardait fixement le minbar en plastic moulé, d'un vert tirant vers le caca. Il était là, assis en tailleur à faire des "salam aleîkoum" à Gabriel et Ismaêl, quand une main se posa sur son épaule. Tout à ses salutations angéliques, il mit un moment à prendre conscience que c'est son voisin de derrière qui le demandait. Le cid se retourna et salua d'une manière terrestre Bouhouba-zine el Haddat. Pendant ce temps, l'imam contunuait au dessus la masse de chéchias. La sonorisation ultra moderne dont rêverait tout organisateur de concerts Raï, mal réglée, démultipliait les échos rythmés par des effets Larsen, produits par les retours incorporés au mihrab et les oscillations de la voix quand l'emphase du prêcheur atteignait l'haute-contre.
La voix crissait sous les voûtes de l'édifice. Elle s'amplifiait,se répandait à l'exterieur, dévalaient la colline, couvrait les allées du Jardin d'Essais en contre bas avant de se perdre sur la grève de la route Moutonnière où quelques sages se saoulaient au Zambretto, un mélange de coca et d'alcool à bruler tout en contemplant la mer et au delà Marseille.
Tchabtchaka Maricane, le regard perdu vers le lointain, suivait sans vraiment voir la découpe d'un bateau sur la ligne d'horison qui voguait vers l'Est. Assis sur un rocher, les pieds caressés par les vagues, la bouteille de Zambretto bien calée dans une infractuosité à portée de mains; Tchab, comme il aimait bien se faire appeler fredonait la chanson populaire de cette année là. "O Alger! Ta valeur est grande et reconnue, qu'ont-il fait de toi ce qui n'en ont aucune?"
Un long sifflement du haut parleur entre deux phrase du prêcheur, incompréhensibles à cette distance lui rappela l'image fugitive des copains d'enfance quand ils sifflaient avec deux doigt des vapeurs du Zambrettodans la bouche en guise d'appel. C'est alors qu'au travers du Zambretto, il se souvint du rendez-vous avec le Cid. Mais où? Mentalement, il fit le tour de tous les tripots et des terrains vagues où ils avaient l'habitude de passer leurs longues soirées à fumer de la "chira marocaine" et écouter du "chaabi". Deux long sifflements de l'effet Larsen encadrant un Allah sur le mode aigu et tout devint clair. L'inauguration de la nouvelle mosquée.
Le soleil brulait les rues grouillantes où proliférairaient les petits trafics. Tchabchaka Maricane, titubant, se frayait son chemin à travers la foule de gamins vendeurs de cigarettes à l'unité et des boites de tabac à chiquer que les débits de tabac leur refilaient pour un bénéfice plus substantiel. Des voitures calcinées, dégagées sur des trottoirs eux mêmes défoncés par d'éternels travaux devenaient étals pour de vieilles femmes exposant par petits tas des légumes pourrissants.
Arrivé à Belcourt, Tchab se dirrigea vers l'antique téléphérique et sans prendre la peine d'acheter un ticket, sachant que le contrôleur n'avait aucune envie de retrouver un matin sa tête accrochée sous la cabine. Malgré l'absence d'afluence à cette heure là, les quelques passagers par habitude sociale, se bousculèrent mutuellement pour monter dans la cabine.
Sans prendre le temps de faire ses abblutions, Tchabchaka Marikane se déchausa à l'entrée de la mosquée, il garda ses chaussures à la main de peur de finir sa jounée pieds-nus. Il scruta l'assemblée, découvrit le Cid et se dirigea vers lui. PUis, tel le curseur sur un écran d'ordinateur, il poussa toute la ligne de fidèles qui glissa d'une paire de fesses à droite et s'assit. Sid-Ahmed Echikour le regarda et montra sa montre puis sa bouche pour lui signifier son retard et son haleine parfumée à l'alcool à bruler.
- Tu aurais au moins pu te taper un oignons, lui chuchottat-.il
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