la ruelle de la ville
La ruelle de la ville descend, parce-que comme le disait le Sage Chinois: quand je descend je pleure, alors que quand je monte je rigole. Qui n'a pas connu les montagnes, ne peut connaître cette donnée. L'enfant de la plaine s'ennuie de la mornitude des choses humaines, son voyage vers les subtilités urbaines ne rencontre aucun ravin. Les hauteurs sont dans la tête, une idéologie qui se veut faite de sourrires.
Et pourtant, (pourtant je n'aime que toi). Ma cité, toujours aussi belle que la grimace d'un gouverneur réorganisant tes "douirettes", ces quartiers où le jasmin odoriférait le clin d'oeil de l'unique regard du voile scrutant les espoirs des photomatons qui inscrivent sur un papier glacé les chemins.
Dans la ruelle, espace de fuites, elle ne pouvait qu'aboutir, enfant jouant au " plez i guez " d'une bulgarité jannissaire, cette façon de glisser sur les fesses pour atteindre l'autre.
La ruelle protège des incertitudes, les circonvolutions autour de la colline ne sont que chemins qui s'impriment dans la mémoire. La ruelle de la ville chante ses propres antiennes faites de rencontres multiples. Elle se prostitue devant le regard bienveillant des boulevards. une entité modernisante d'une pensée corruptive sinon corrosive de la caresse de l'aimant .
Si vous connaissiez Hamlili, ce petit Douar où le jasmin dialogue avec l'olivier à l'aube; le sucrier sourrit et le café en sa torréfaction matinale embaume la future misère du couscous chauve, qui n'a de royal que son grain. Couscous royal, une truanderie républicaine qui rappele une brasserie.
Les limites sont marines et les ruelles de la ville y trouvent leurs confins, comme dans la pensées d'un soir, un rêve d'humanité.