La vieille culotte
De vieilles culottes aux belles allures octogénaires, flottaient telles des drapeaux en berne traversant à l'horizontale la fenêtre de la cuisine. Une vue juvénile sur fondements flétris.
El Magdoud, du regard leur sculptait des formes architecturales harmonieuses, perdues de par des caresses permanentes aux temps anciens quand le galbe de la hanche permettait encore le soupir.
Les tulipes s'étaient épanouies et la vieille voisine exposait ses dessous, aujourd'hui archéologiques. Son sourire ridé contredisait le regard triste, malgré l'éclatant soleil breton. Un soutien-gorge, aujourd'hui trop grand, agrémenté de serviettes hygiéniques désormais inutiles couvrait les flétrissures de l'ancien beau poivron bio, passé par le gril du temps.
L'exposition sur fil, de triangles distordus par des mains lavandières, trop grands pour un corps filiforme et légèrement courbé au dessus d'une « fossoyance » avenir.
La brise printanière démultipliait l'amble de la voisine qui, en sautillant sur deux pieds, chevaucha le Buraq qui, dans un premier temps, se laissa dompter par Bellérophon avant de servir de jet privé au prophète soumis pour une visite éclair à Yerushalaïm shel zahav.
El Magdoud s'éloignait des contingences humaines; Hua t'o, le médecin chinois, deux siècles avant la naissance de Aïssa le Galiléen avait déjà comprit les bien-faits des cannabinacées. La vieille voisine prégnante de souvenirs entama une rotation du bassin, qui à chaque circumduction libérait la vieille culotte qui parachutait vers un semblant de chevilles. La robe était trop longue en ce printemps deux mille dixe, ne vous en déplaise pour la liberté orthographique.
Immaculée. Tel un « hourra » cosaque fut le cri des kouyemdjievs, voisins orphelins de draps après le viol nuptial.
El Magdoud s'accrocha à son verre, il le guelguella comme le disait si bien l'ami bulgare, anthropologue des pedeset grama. Et...
Shalom aleïkoum wa salam alekhem.