Quando atraverserai
Quando atraverserai
Quand tu traverseras l'ultime vieux pont, aux suicidés tu diras: venez au paradis où j'y vais moi-même, disait Fabrizio. Joan a repris de sa belle voix la chanson de Marinella, et la Paola apprit à El Magdouda une « salut la belle » qu'il chante toujours.
Dans la petite ruelle où Flavio Gioia, dans le quartier de l'oltre torrente, s'est permit de taguer son nom, la grappa fit son œuvre un soir de recherche de soi et une incapacité d'être s'ensuivit.
Magdouda était heureuse et l'Unita n'en dit mot des échanges cultureux sous une emprise d'ivresse entre une bâtardise déculturalisée depuis qu'Augustin délaissa son olivier de Taghaste pour rejoindre Hippone et atteindre une sainteté latine qui renie la berbérité millénaire.
Une chevauchée asiate aux certitudes nouvelles, ancrées dans un esprit bédouin, débouchèrent du désert pour soumettre l'Imazighen à vénérer un cube renfermant un caillou, un dieu unique alors qu'il en avait tellement au détour de chacun de ses regards. L'ennemi vient de l'est disait l'instructeur militaire français aux jeunes officiers du génie post-indépendance. Il est vrai que la vie tourne, tourne et in fine offre son troudeballe. La Magdouda de l'époque, une chaouia des monts Aurès, une Kahina leur tint tête.
La barbe poussa, rousse et l'ottoman embrassa une contrée de son sandjak qu'il imprégna d'un langage culinaire, aujourd'hui interculturel, ainsi que de ses noms au parfum janissaires. C'est ainsi que les Khobsistes apparurent, des soumis en terre elle-même soumise, apparatchik dirait le slave et niama faîda za vas.
Et la gifle vint après une caresse d'éventail qui ne se voulait que commerciale entre engeance nantie. Une marée humaine certes, envahie de sa blancheur une plaine marécageuse. C'était des françois